Quand on commence à jouer du violon, on le fait par amour de la musique, parce qu’on aime le son du violon et on souhaiterait à notre tour, produire cette si belle sonorité. On commence les cours, on apprend à lire les notes, on produit des sons, on travaille ceci et cela, et parfois avec le temps, on en oublie notre motivation première : reproduire ce si beau son.

Heureusement, il existe des trucs que tous les violonistes virtuoses appliquent au quotidien, et qui permettent d’améliorer sa sonorité, avoir davantage de succès et au final rester motivés tout naturellement. Les voici.


1) Focus et effort dans les pratiques

Une bonne pratique personnelle commence par savoir gérer son focus. Pourquoi pratiquer du haut au bas de la pièce, répéter les passages que l’on connaît déjà, se buter aux mêmes problèmes encore et encore ?

Un violoniste professionnel sait qu’il doit passer 90% de son temps à travailler 10% de la pièce. Focussez sur les passages difficiles. Faites-les en boucle. Quand vous devenez plus réguliers, ajoutez le métronome et augmentez très graduellement votre vitesse.

Une des phrases qui m’a le plus marqué dans la saga Harry Potter, c’est celle-ci : “Every great wizard in history has started out as nothing more than what we are now. If they could do it, why not us ?”… Tous les violonistes professionnels ont d’abord été débutants.

Demandez à n’importe quel d’entre eux… La constance et l’effort ont été beaucoup plus importants dans leur parcours que la notion abstraite de “talent”. Le talent, on l’acquière. Comme disait Félix Leclerc, “il y a plus de courage que de talent dans la plupart de nos réussites”.


2) Faitez-vous confiance !

Le violon est un des instruments qui répond le plus naturellement à ce qu’on vit à l’intérieur. Un violoniste est nerveux, son archet rebondit, ça s’entend. Un violoniste est frustré, ses coups d’archets sont plus secs, plus intenses, le son devient plus agressif.

Évitez de vous juger. Un son, ça se travaille. J’ai tellement rencontré de violonistes avec toutes les connaissances pour réussir, mais trop peu de confiance. L’erreur c’est de se juger et baser sa confiance sur le résultat. Au contraire, faites-vous confiance et naturellement, votre son va s’améliorer. C’est le monde à l’envers, mais imaginez les possibilités !

Faites des mouvements délibérés, ne jouez pas avec réticence, avec crainte, mais avec confiance. Le mouvement franc donnera toujours de meilleurs résultats. Mieux vaut se lancer et devoir doser par la suite, que jouer avec crainte et ne jamais découvrir son potentiel de sonorité.


3) Équilibre et souplesse des mouvements

Un beau mouvement d’archet, c’est un mouvement équilibré. Franc, délibéré, contrôlé, souple, fluide, ample, délicat, soutenu… Oui il y a des contradictions ici. Tout est une question d’équilibre. De la même façon qu’au gym, on doit travailler force et souplesse ! Si on ne travaille que la force, on devient vite baraqué, mais incapable de bouger.

La souplesse, la détente du corps, de votre main, tout en restant en contrôle, c’est important. Apprenez à vous détendre. Au violon, quand on sent une tension en quelque part dans son corps, c’est un indicateur fort que quelque chose cloche. Aucune tension !

Travaillez aussi vos retours d’archet. Quand l’archet termine son mouvement, il ne faut pas arrêter sec. Au contraire, poignet et doigts feront des mouvements inverses. Au talon, pendant que le poignet baisse, les doigts se rétractent. À la pointe, pendant que le poignet remonte, les doigts s’allongent. Cela crée un mouvement “en huit” qui permettra à l’archet de ne pas arrêter sec. Tout cela est expliqué en détail dans le cours Violoniste débutant.


4) L’oreille, ça se développe

Quand on veut apprendre une langue, on doit apprendre des syllabes, puis des mots, puis des règles de grammaire… on doit se bâtir un bagage de connaissances et des réflexes solides pour qu’éventuellement, on réussisse à déduire par nous-même d’autres mots, d’autres expressions. Mais tout commence par l’alphabet. Cette base au violon, c’est votre oreille.

L’oreille, ça s’entraîne. Il faut écouter plusieurs fois la même chose pour finalement reconnaître les variations. Vous ne saurez jamais reconnaître une note fausse si vous n’avez jamais appris à reconnaître une note juste. C’est pourquoi on croit beaucoup chez Mildor Violon à commencer son apprentissage à l’aide de collants posés très précisément sur votre instrument. Voir cet article.

Assurez-vous que les collants sont aux bons endroits et que votre instrument est accordé. Ensuite, écoutez, attentivement. Apprenez à reconnaître vos notes. Et graduellement, dans votre tête, essayez de les chanter tout juste avant de les jouer, puis vérifiez.

Écoutez les accompagnements audio qu’on vous donne, écoutez les virtuoses jouer, utilisez votre accordeur pour vérifier certaines notes qui vous font douter. Plus vous développez votre écoute avec des repères fiables, plus votre oreille reconnaîtra là où c’est juste, et où c’est faux.


5) Une posture ouverte et fière

Une bonne posture règle d’énormes problèmes de sonorité. Colonne droite, épaules ouvertes et détendues, violon sur le dessus de l’épaule, détente du corps, violon qui tient seul sans la main gauche, etc. La bonne posture, l’ouverture du corps, favorise des mouvements amples, naturels, dégagés, qui à leur tour ont un impact considérable sur votre son.

Regardez jouer vos violonistes préférés. Ces Joshua Bell de ce monde, ces Alexandre Da Costa et mon préféré pour la posture, André Rieux. Voyez la place qu’ils créent à leur droite en ouvrant leur corps. Ils ne sont pas repliés sur eux-mêmes, mais ont un dégagement évident qui permet à l’archet de passer d’une corde à l’autre avec des niveaux bien définis. Plus d’ampleur, donc moins de possibilité d’erreur.

Dans tous les arts classiques, la tenue du corps est importantes. Au théâtre, on ouvre le corps pour la projection, au ballet, regardez comment la posture rend le tout gracieux. Le violon ne fait pas exception. La posture est le premier pas vers une meilleure sonorité.



6) Prenez avantage de la particularité des cordes

Le principe même d’une corde, c’est que plus on la raccourcit, plus le son devient aigü. Mais ce qu’on oublie souvent, c’est qu’en-dessous de l’endroit où on pèse avec notre doigt, on peut faire ce que l’on veut et la note reste la même. Et tous les professionnels l’ont bien compris.

J’explique. Quand vous placez par exemple votre 4e doigt sur votre violon, ce que vous faites avec le 1er, 2e et 3e doigt n’influence pas le son produit. La note sera la même que vous placiez vos doigts sur la corde, au-dessus de la corde, collés, décollés… Et il faut capitaliser sur cet avantage !

Un violoniste devra placer tous ses doigts sur son violon en-dessous de la note jouée. Il va placer ses doigts aux endroits exacts où ceux-ci produiraient les notes qui font partie de la gamme de la pièce. C’est ce qu’on appelle “inscrire sa main dans la tonalité”.

J’explique davantage. Si dans votre pièce, vous savez que sur la corde de La, vous devriez mettre les doigts sur vos collants pour produire les bonnes notes, alors lorsque vous posez soudainement un 3e ou 4e doigt, posez aussi tous les doigts précédents aux bons endroits pour produire ces notes. On va donc non seulement penser à la note produite, mais tous les doigts qui produiraient les notes en-dessous de celle-ci. On appelle cela “penser en groupements”.

De cette manière, on gagne en justesse, en vitesse et les doigts deviennent des points de repère les uns par-rapport aux autres. Pour tous les détails, je vous réfère au chapitre “Les groupements” du cours Violoniste débutant.


7) Attention aux détails techniques

La technique, c’est souvent la seule différence entre un violoniste qui joue une pièce avec succès et un autre qui ne produit pas le son recherché. Faites attention aux détails ! Ce n’est pas tout de jouer les bonnes notes, encore faut-il avoir la bonne technique.

Un archet à 90 degrés avec les cordes, un appui suffisant, un mouvement fluide et franc, qui part du point A au point B de manière délibérée et avec confiance… Pour ce qui est de votre main gauche, une main bien droite, les doigts perchés au-dessus de la corde, prêts à jouer, une main active, qui ne retient jamais le violon, mais en est complètement indépendante… Tous ces détails, et bien d’autres, nous les verrons de manière simple et facile à travers le cours Violoniste débutant. Et c’est en prenant soin à ces éléments techniques que vous développerez votre aisance et votre son.


8) Planifiez vos déplacements

De manière générale, une note très longue doit être faite pleine longueur d’archet. Une note plus courte, au premier tiers ou au milieu. Deux notes liées prendront plus d’archet qu’une note seule courte. Tout cela, vous le savez intuitivement, mais y pensez-vous avant de commencer votre note ?

Une fois rendu à jouer une note, il est déjà trop tard. Si le violoniste n’a pas planifié les mouvements d’archet qui précèdent pour se retrouver au bon endroit, c’est peine perdue. Il va manquer d’archet pour ses notes longues, se retrouver à la pointe alors qu’il devrait être au talon, etc.

La solution ? Analysez votre pièce. Identifiez l’endroit idéal où vous devez être pour que votre son soit beau. Puis revenez un peu en arrière et “trichez”, c’est-à-dire amenez graduellement votre archet à se retrouver à cette position. Ainsi, une fois que vous serez rendu à votre note longue, vous serez à l’extrémité de votre archet, et vous aurez tout le jeu nécessaire. Les cas sont nombreux, suffit d’y penser d’avance.

Aussi, de manière générale, les violonistes jouent un peu trop souvent à la pointe. Le coupable ? La gravité ! On est toujours attirés vers le bas. Or, la réalité, c’est que l’archet a une meilleure sonorité générale au premier tier à partir du talon jusqu’au milieu. Développez votre jeu au tiers. N’en ayez pas peur et vous verrez votre sonorité s’améliorer.


9) Écoutez, corrigez, recommencez

N’oubliez jamais votre motivation première pour commencer la musique, produire à votre tour ce si beau son. Le violon est un instrument qui touche, qui nous transporte. Et ceux qui auront du succès, sont ceux qui apprendront à l’écouter.

Développez votre sens critique, votre oreille attentive. Enregistrez-vous avec votre cellulaire, faites rejouer l’enregistrement. Identifiez ce que vous aimez et ce que vous pourriez corriger. Identifiez les sons parasites. Projetez ce que vous aimeriez entendre et posez-vous la question : “Comment puis-je y parvenir ?” Cette habitude vous mènera loin et vous permettra de mettre le focus au bon endroit.


10) Filmez-vous et amusez-vous !

Dans le même ordre d’idée, filmez-vous. Un cellulaire bien placé sur un bureau devant vous, et le tour est joué ! Passez en revue votre technique. Comparez-vous à des exemples fiables, comme ces nombreuses capsules vidéo dans notre cours Violoniste débutant. Apportez des corrections, recommencez, réajustez. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

On le voit de plus en plus dans le sport. Regardez les plus grands olympiens. La caméra n’est jamais bien loin. Les athlètes se filment, analysent, planifient des stratégies et se donnent des plans pour parvenir à éliminer leurs points faibles. Pourquoi serait-ce différent au violon ? Se filmer permet d’avoir un regard neuf, extérieur et objectif. C’est en quelque sorte devenir son propre professeur.

Au final, n’oubliez jamais ce pourquoi vous avez commencé le violon. Vous êtes tombé en amour avec l’instrument parce qu’il vous parle. Son son vous a charmé. Amusez-vous à développer ce son, le paufiner, le travailler, le découvrir. Prenez plaisir à travers cette quête du beau, et vous verrez bien vite les résultats !